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La croissance exponentielle de l’utilisation de l’artificial intelligence met une pression accrue sur les datacenters en Europe, augmentant ainsi considérablement leur consommation électrique. Selon les analyses du Shift Project, cette demande pourrait doubler d’ici à 2030, atteignant 200 térawattheures, et presque tripler d’ici à 2035. Une telle augmentation pourrait contrecarrer les engagements de décarbonation de l’Europe, remettant en question l’objectif de réduire l’énergie fournie par les centrales à gaz. L’Irlande, déjà confrontée à cette réalité, a instauré des restrictions pour limiter l’implantation de ces infrastructures. Cependant, la tendance des datacenters à s’orienter vers des solutions énergétiques alternatives pourrait entraîner des conséquences imprévues sur le plateau énergétique et compromettant les objectifs climatiques.
L’essor de l’intelligence artificielle stimule la demande en puissance de calcul, entraînant une consommation accrue d’électricité par les datacenters européens. Cet accroissement pourrait menacer les engagements de réduction des énergies fossiles de l’Europe en favorisant le retour au gaz pour produire de l’électricité. Le Shift Project alerte sur cette potentielle dérive, en prenant l’Irlande comme exemple des conséquences sur le réseau électrique et l’environnement.
L’impact grandissant des datacenters sur la consommation d’énergie
L’essor de l’intelligence artificielle (IA) transforme rapidement le paysage technologique européen. Les datacenters, moteurs de cette transformation, connaissent une croissance exponentielle due à l’augmentation des besoins en traitement de données. Selon le Shift Project, la consommation électrique des datacenters sur le continent devrait passer de 100 TWh en 2023 à 200 TWh en 2030, avec une montée en flèche jusqu’à 369 TWh prévue d’ici 2035. Un dynamisme principalement tiré par l’IA, qui devrait représenter 35% de cette consommation en 2030.
L’alarme du Shift Project
Le Shift Project, un think tank axé sur la transition énergétique, tire la sonnette d’alarme quant à l’impact potentiel de cette expansion. La consommation supplémentaire n’est pas suffisamment incluse dans les scénarios énergétiques européens existants. Hugues Ferrebœuf, chef de projet au sein de l’association, souligne que cette demande croissante pourrait forcer l’Europe à revenir sur ses engagements de décarbonation, en réintroduisant des centrales électriques à gaz pour satisfaire ces besoins.
Le cas irlandais : un exemple révélateur
L’Irlande représente un aperçu des défis posés par une croissance imprévue des datacenters. Entre 2014 et 2022, la part des datacenters dans la consommation électrique irlandaise est passée de 5 à 20%. Ce changement a créé des tensions sur le réseau électrique, rendant nécessaire le moratoire sur de nouvelles installations jusqu’en 2028. Cependant, pour contourner cette restriction, certains datacenters ont cherché à s’approvisionner en gaz directement, avec des implications notables pour les émissions de gaz à effet de serre.
Les implications pour l’Europe
Ce phénomène observé en Irlande risque de se reproduire à une plus large échelle sur le continent. Dans sa stratégie de décarbonation, l’Europe a envisagé d’éliminer 200 TWh d’électricité produite au gaz. Pourtant, l’augmentation de la demande en électricité induite par les datacenters pourrait non seulement compromettre cet objectif, mais aussi renforcer la dépendance vis-à-vis des importations d’énergie fossile, notamment en provenance des États-Unis. Cela pourrait saper les efforts de l’Europe pour atteindre ses objectifs climatiques ambitieux et maintenir son indépendance énergétique.