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- Des chercheurs toulousains explorent 1 000 ans de transformations sociales en Égypte grâce à l’intelligence artificielle
- Un projet multidisciplinaire alliant intelligence artificielle et archéologie
- L’influence des traditions funéraires
- Les phénomènes célestes et l’unification de l’Égypte
- La mémoire des morts comme outil symbolique
Grâce à l’utilisation de l’intelligence artificielle, des chercheurs toulousains plongent au cœur de 1 000 ans de transformations sociales en Égypte ancienne. En analysant plus de 1 000 sépultures dans la nécropole d’Adaïma, cette étude révèle comment des facteurs tels que les rituels funéraires, les traditions locales et les phénomènes célestes ont contribué à l’émergence du pouvoir pharaonique. Ces découvertes offrent un éclairage approfondi sur les origines de l’un des plus anciens États de l’histoire.
Des chercheurs toulousains explorent 1 000 ans de transformations sociales en Égypte grâce à l’intelligence artificielle
Des chercheurs toulousains ont utilisé l’outil puissant de l’intelligence artificielle pour analyser les transformations sociales et culturelles en Égypte, couvrant une période de 1 000 ans. En étudiant plus de 1 000 tombes de la nécropole d’Adaïma, l’équipe a mis en évidence comment les rituels funéraires, les traditions locales et les phénomènes célestes ont contribué à l’émergence du pouvoir pharaonique. Cette approche innovante donne de nouvelles perspectives sur l’évolution de l’une des plus anciennes civilisations de l’histoire.
Un projet multidisciplinaire alliant intelligence artificielle et archéologie
À Adaïma, un site exceptionnel en Haute-Égypte, des fouilles archéologiques ont été menées par une équipe toulousaine entre 1989 et 2005. Plus de 1 000 sépultures ont été découvertes, dont près de 500 intactes. Grâce à l’outil puissant qu’est l’intelligence artificielle, les chercheurs ont pu analyser les données recueillies sous un nouvel angle, en mettant en lumière l’évolution sociale continue de cette région durant un millénaire.
L’étude a été menée par Eric Crubézy de l’Université de Toulouse et Béatrix Midant-Reynes du CNRS. Leurs recherches offrent un regard innovant sur comment les traditions locales ont été récupérées et amplifiées par le pouvoir centralisé pour créer une autorité divine et unifiée.
L’influence des traditions funéraires
Dans ce cadre, les chercheurs ont documenté pour chaque tombe l’orientation, la position du corps, la séquence des gestes, ainsi que les dépôts d’objets, l’âge et le sexe. En appliquant des algorithmes de classification interprétables à ces données, l’équipe a pu identifier des dynamismes d’intégration sociale et de hiérarchisation funéraire.
Selon les observations de Béatrix Midant-Reynes, les orientations des corps ont évolué au fil des dynasties. Au début, les sépultures suivaient une tradition où la tête des défunts était orientée vers le sud ou le sud-est, et cette pratique changeait avec l’émergence des dynasties, avec une orientation majoritaire vers le nord, reflétant ainsi l’influence croissante d’un pouvoir central.
Les phénomènes célestes et l’unification de l’Égypte
Par une approche pluridisciplinaire qui marie archéologie, intelligence artificielle et astronomie, les chercheurs décryptent aussi l’importance des phénomènes célestes sur la socio-dynamique de l’époque. Dès la IIIe dynastie, le lever héliaque de Sirius, couplé avec le solstice d’été et la crue du Nil, est devenu un référentiel calendaire et cosmologique fondamental.
Ces phénomènes, considérés comme récurrents mais exceptionnels, ont été intégrés dans une temporalité sacrée et conceptualisés dans des mythes cosmogoniques. Ils ont permis de transformer des rituels matériels en concepts immatériels, jouant un rôle clé dans la légitimation du pouvoir pharaonique naissant, notamment à travers le mythe d’Osiris.
La mémoire des morts comme outil symbolique
Sur le site d’Adaïma, certaines sépultures, en particulier celles de femmes et d’enfants, sont devenues des points focaux de mémoire, réinvestis sur plusieurs générations. Parfois réorientées ou accompagnées de dépôts secondaires, ces tombes ont été intégrées à un registre symbolique plus large, fondant l’autorité du pharaon en utilisant des marqueurs ancestraux profondément ancrés dans les campagnes nilotiques.
En conclusion, le ciel, le fleuve et la mémoire des morts forment un langage commun crucial servant à solidifier l’unification de l’Égypte en tant qu’État centralisé et puissant, sous la direction des pharaons terriens et divins.